05 décembre 2007

Le coeur sec et les yeux gonflés.

Musique mélancolique, aussi triste que moi. Je ne sais pas jouer de piano, je ne sais rien faire. Simplement me taire. Ecouter…les cris déchirants, le silence. Ce silence qui autrefois m’apaisait, silence qui m’a détruit à petit feu.

Deux heures du matin, de la nuit, de n’importe quand. Je ne dors pas. Je ne dors plus depuis des mois. Obsession de combler ce vide, trop grand silence.

Il dort. Ce gros tas de gras immonde, sans qui sans doute j’aurai dormi, et même souri…

Une petite lumière tente d’illuminer la noirceur de mes idées. J’écoute encore et encore cette musique qui a pour seul effet de m’achever. Notes de piano qui semblent prévues pour dégouliner en même temps que mes larmes. Lentes, douces, amères. J’ai mal, tellement mal.

Je ne sais pas jouer de piano. Je ne sais pas briser le silence. Les notes dégoulinent de plus en plus vite. Un peu plus de douleur. Aiguë…je suis transpercée. Quelques vagues, puis un océan de souvenirs me submergent. Je vais me noyer si je ne les faits pas sortir. Evacuer. Vomir les souvenirs.

Je m’échappe, sur la pointe des pieds, descend l’escalier de la  libération. Chers toilettes, à présent je peux dire qu’on est amis. A vous seul je confie ma bouillie de souvenirs. Chasse d’eau libératrice. Les souvenirs s’effacent dans un tourbillon d’eau, aucune trace de leur existence.

Le ventre léger. Ca va mieux, le temps d’un soupir, juste le temps de remonter l’escalier. En haut il fait noir. En haut il y’a les remords qui m’assaillent.

Alors je m’assied par terre…le froid brûle les calories parait-il. Je serai maigre, je serai invisible.

Soudaine illumination, apparemment le froid stimule le cerveau ; moi aussi je suis un tas de graisse, de la graisse trop cuite qui à noircit, brûlé. Infâme. Même pas bon pour un chien. Surtout qu’ici les chiens reçoivent plus d’affection que les humains.

J’ai mal. Silence oppressant. Un peu de musique, encore…Ce piano a quelque chose contre moi, relié à ses touches il y a des couteaux qui s’enfoncent, qui me lacèrent de toute part. Mes lames... D’une mains tremblante je les sort de leur cachette, les déballes. J’ai mal. Alors j’en prends une neuve, bien tranchante. Je remonte ma manche. Juste un coup et ça ira mieux.

Par terre une petite marre de sang s’est formée…Jolie. Une quinzaine de coup plus tard je commence à trembler, j’ai si froid.

Nettoyer, essuyer, panser. Détruire les preuves. Chers amis toilettes…

Plus de piles dans mon mp3. Aucune importance la musique a envahi mon cerveau.

J’ai mal. Mal au bras. Je sais ou j’ai mal à présent ; c’est bien.

Mais les souvenirs sont là. Ils persistent. Malheureusement je n’ai plus les moyens de me vider d’autres chose.

Souvenirs vides d’amour, pas la moindre tendresse. Effectivement je ne suis pas un chien. Personne. Mon monde est vide. Je ne vois rien.  Le vide est partout. Je suis vide…

Contacts forcés, claques obligatoires, fessées déculottées, coups de pieds sensés remettre les idées en place, les yeux en face des trous : je vous hais.

Dans le plus beau des monde il y aurait quelqu'un, au moins quelqu'un. N’importe qui, quelqu'un que j’aime. Juste un instant quelqu'un qui me serrerai dans ses bras. Après je sourirai pour toujours. Tout le monde sourirai. ! Et là c’est le moment ou  il ferai bien de se lever, de me mettre un coup de pieds histoire de me remettre les idées en place ! Coup de pied que je pourrai traduire par un : «  Qui t’aime tas de gras ?!! »

Deux heures cinquante sept. Pas envie de dormir. Epuisée pourtant.

Besoin de chaleur, chaleur humaine. C’est mal. Le froid ça brûle les calories souviens toi ! Tout oublier, se souvenir juste du froid. Le gras qui part. Les côtes  devenant saillantes.

J’ai mal. En bas, dans la cuisine, troisième grand tiroir, le grand couteau, d’une taille impressionnante. J’ai besoin d’aide. D’une âme charitable acceptant de me trancher la gorge avec, de me pourfendre le cœur, du moment que les souvenirs s’échappent de ce corps adipeux, laid. Mourir. Un jour quelqu'un acceptera j’espère.

Me jeter dans des bras ou bien  du sommet d’une falaise. Ai-je le choix ? Les deux sont effrayants.

[Ces mots retrouvés par hazard, gardés...]

Tout n'est plus d'actualité.

Les laisser, aux yeux de n'importe qui.

Parce que dans ce bordel il n'y a plus que moi.

[JE TE REPONDRAIS. Pourquoi mentir?]

Est-ce qu'au moins ce que tu me dis est vrai.

Posté par somnifere à 15:36 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Le coeur sec et les yeux gonflés.

    désolée

    Je lis tes mots pour la seconde fois de ma vie, je lis tes mots et je sais que ces bras devraient etre les miens. je t'ai répondu, je n'ai pas le courage de te montrer mes mots, je les réécris encore... Je ne t'ai jamais menti. Mon équilibre me déséquilibre, je coule, et y a personne qui m'attrape par le main pour me sortir de ce trou que j'ai moi meme creusé. Et pourtant vos sourirs me rappelle que je suis pas seule dans ce putain de monde, et toi non plus ! Je suis égoiste depuis quelque temps, je suis tellement perdue que je ne pense plus a rien d'autre .. qu'à lui. Désolé.. tout ce que je te dis, tout ce que je t'ai dis est vrai.. je t'aime, mais je suis détruite, en petits morceaux.. laisse emoi le temps de revenir..je t'aime

    Posté par JE, 10 décembre 2007 à 21:44 | | Répondre
Nouveau commentaire